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5 conseils ayurvédiques contre les allergies

Voilà le printemps qui pointe le bout de son nez ! Pour beaucoup, c’est joie et renouveau et pour d’autres, c’est aussi synonyme du retour des allergies de saison. La gorge qui gratte, le nez qui coule, etc. La pollinisation, essentielle au renouveau de la nature nous laisse parfois dans un foutu état.

Bien sûr, les allergies peuvent se manifester toute l’année. D’ailleurs, il n’y a pas que les allergies aux pollens qui nous tracassent. On classe les allergies en 3 grands groupes, selon leur provenance : les allergies alimentaires, les allergies aériennes ou les allergies de contact.

Quoi qu’il en soit, en Ayurveda, toutes les allergies ne peuvent intervenir que sur un terrain particulier. C’est aussi pour cela que parfois, les allergies peuvent aller et venir au cours d’une vie. Votre organisme apprend à se défendre d’une agression virtuelle en quelque sorte, les allergènes n’étant pas, à quelques cas prêts, véritablement dangereux. Mais en fonction de votre état de santé, ces manifestations peuvent être plus ou moins rapides, longues et surtout intenses.

En Ayurveda, les allergies se manifestent si :

  • notre feu digestif est faible (ce qui a pour conséquence d’amenuiser notre système de défense, notre système immunitaire),
  • nous sommes en déséquilibre par rapport à notre constitution (ce qui arrive souvent à la fin de l’hiver avec la fatigue accumulée pendant la période vata),
  • ou en raison de toxines (ama).

Ces 3 causes peuvent être simultanées, concomitantes, complices : un feu digestif faible (agni) peut entraîner un déséquilibre (vikruti) ou vice versa, un agni faible favorisera la création de toxines, …

Enfin, les allergies, très liées, comme vous l’avez compris à la création de toxines, sont aussi liées au dosha (énergie vitale) responsable de cette création de toxines, j’ai nommé Kapha.

Il faudra donc lutter contre tout ça pour limiter l’effet, voire se défaire de ses allergies. L’Ayurveda propose une hygiène de vie et une alimentation adaptées, des activités et la prise de plantes ou d’épices.

1. Prendre soin de son nez

L’hygiène de vie ayurvédique, la dinacharaya nous propose entre autres de nettoyer notre nez. On utilise un petit instrument en forme de mini arrosoir, le neti pot, que l’on remplit d’eau salée. Puis on verse l’eau par une des narines à l’aide de ce petit pot et on oriente la tête de telle sorte que l’eau se déverse par l’autre narine. C’est une technique que l’on retrouve dans l’hygiène du yogi, sauca, et que l’on appelle neti.

Cette technique est redoutable pour nettoyer les canaux nasaux et faire littéralement fondre le mucus, grâce au sel. Cependant, je vous conseille d’y aller tout doux avec le sel surtout au début, il peut être irritant pour les narines, et de préférer de l’eau tiède, le sel fondera mieux et n’oubliez pas que le mucus est un corps gras et donc froid, il faut lui apporter la qualité contraire, soit le chaud pour le faire fondre.

Autre technique très usitée en Ayurveda, c’est le nasya, le soin par le nez. Cette technique peut faire partie d’un soin à part entière, que l’on réalise en cabinet, mais c’est aussi une habitude que l’on peut prendre dans une moindre mesure chaque jour à la maison. Il s’agit d’appliquer 3 à 4 gouttes d’huile dans chaque narine. Nasya peut se pratiquer après neti ou la place de celui-ci. Dans le cas des allergies, je vous conseille l’huile de sésame tiède ou chaude additionnée de quelques gouttes essentielles d’eucalyptus ou de camphre. En cabinet, on pourra choisir d’autres matières grasses comme le ghee ou des huiles médicalisées en fonction de l’objectif attendu. C’est une pratique très utile notamment pour dégager la tête de manière plus subtile, d’excès de pensées ou pour régénérer les fonctions cognitives, ou encore dans une optique plus esthétique pour freiner les cheveux gris.

2. Prendre soin de son alimentation

Nous l’avons vu, le dosha Kapha est en cause dans cette histoire d’allergies. Si on veut le maintenir sous contrôle, il va falloir adopter un régime alimentaire adapté.

On va donc privilégier des épices chauffantes, le gingembre en premier lieu, qui en plus va réveiller notre feu digestif, mais on peut aussi utiliser la cannelle, le cumin, les graines de moutarde, le basilic sacré, l’aïl, le piment (si notre système digestif le supporte), ou encore le curcuma pour son amertume, les herbes aromatiques comme le thym ou le romarin,… Et l’idée, la meilleure dans ces cas-là, est d’associer un cuillère de miel à une tisane d’herbes et épices avant chaque repas.
On privilégie les aliments légers et chauds, légumes et fruits de saison, du riz, des légumineuses, … Et on limite tout ce qui est froid, gras et lourd comme les pâtisseries, les viandes, les féculents, le fromage, les produits laitiers,…

Attention tout de même à ne pas oublier les protéines et à passer radicalement et rapidement à un régime végétarien, ce qui ne ferait que propulser le problème dans le futur en affaiblissant votre feu digestif à petit feu. Choisissez le repas du déjeuner, heure à laquelle on digère mieux pour manger poisson, œufs ou viande blanche 2 à 3 fois par semaine, les autres jours, choisissez des légumineuses en purée, soupe, kicheri, houmous, …

3. Choisir ses activités

Pour garder kapha sous contrôle, la meilleure activité est cardio-vasculaire. Elle va nous permettre de transpirer, d’éliminer du liquide et des toxines. Et pour soutenir notre feu digestif les activités en plein air sont recommandées. Pourquoi pas une grande balade dynamique à vélo, un jogging, une partie de ballon en équipe, ou une pratique dynamique de yoga (vinyasa, ashtanga, bikram) 3 à 4 fois par semaine !

L’Ayurvéda use et abuse des techniques du yoga également pour se soigner. Comme notre nez est en question, on va opter pour des pranayama, ou contrôle du souffle que vous avez sans doute déjà pratiqués avec votre prof préféré. Je vous conseille la respiration complète pour débuter. Ensuite, consultez votre prof ou un thérapeute en Ayurveda pour savoir si vous ne présentez pas de contre-indications et surtout apprendre les techniques d’ujjaï, de kapalabati ou de bastrika.

4. Booster son système immunitaire

Si vous suivez tous ces conseils, vous avez de grandes chances de maintenir votre feu digestif au top et de booster votre immunité. Mais si vous voulez allez plus loin, il existe aussi des remèdes universels et ayurvédiques. N ‘hésitez pas à faire une cure de vitamine C, sous forme d’aliments riches (agrumes, kiwi, poivrons, choux – de Bruxelles, brocolis,…-) ou sous forme de compléments. Et puis, vous pouvez opter pour cette habitude indienne, la confiture ayurvédique Chyawanprash, 1 à 2 cuillère à café par jour, dans de l’eau ou du lait chauds, sur une tartine ou à la petite cuillère !

5. Recettes ayurvédiques anti-allergies

Et puis, bien entendu, l’Ayurvéda propose des mélanges de plantes et d’épices tout à fait adaptés à toute sorte d’allergies. En premier lieu le fameux Triphala, composé de 3 baies et qui sera très utile pour lutter contre la majorité des allergies, souvent en complément d’un autre traitement que pourra vous conseiller un thérapeute formé en physiopathologie. Et puis plus simplement et en complément d’un accompagnement adapté, vous pouvez aussi réaliser une recette à base de poivre noir, poivre long et gingembre sec, que l’on appelle le Trikatu (trois piquants) et qui additionné à de l’eau chaude et du miel sera un remède efficace à vos allergies printanières.

Enfin et comme toujours, je vous conseille bien entendu de consulter un praticien pour un suivi personnalisé et approprié, il ne faut pas comme tout remède, abuser de ceux dont je viens de vous parler et il y a certainement plus à apprendre en comprenant comment vous avez développé ces allergies !

Clarisse Robinet, Praticienne et Formatrice en Ayurvéda et Yoga à Paris, Montpellier et Marseille.

Clarisse Robinet A propos de l'auteur

Spécialiste en Ayurvéda, Yoga et thérapies brèves.

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